jeudi 23 janvier 2020

Le chômage, cette période bénie - États d'âme d'une jeune diplômée

Salut à tous,

J'espère que vous êtes prêts pour ce qui va suivre parce qu'attention : je suis diplômée (youpi, joie et bonheur) ! Je suis désormais la fière détentrice d'un Master 2 en communication internationale. Le marché du travail me tend les bras, mon avenir est déjà tracé au feutre indélébile et je suis prête à conquérir le monde. Vous aussi vous sentez venir le plan foireux ?

La réalité, c'est que cela fait maintenant 2 mois que je suis CHÔMEUSE (haaan la madame elle a dit un gros mot !), et j'avais envie dans ce billet de vous faire part de mes états d'âme. Parce que le chômage, c'est pas évident... et pourtant je le ressens de plus en plus comme une période bénie.


Le sentiment d'être inutile

Je ne vais pas vous mentir : on se sent complètement inutile quand on est au chômage. Au début j'étais super motivée pour trouver un travail, et je me suis démenée. J'ai vu du monde, les gens m'ont rabâché que j'allais trouver un taf "sans aucun problème avec le CV que tu as". Je n'avais tellement pas de doutes que ma confiance en moi était au plus haut.

Et puis le temps passant, surtout lors des fêtes de fin d'année, j'ai commencé à me poser des questions. Pourquoi les recruteurs ne me répondent-ils pas ? Pourquoi n'ai-je pas décroché ce poste après x entretiens ? Est-ce que je suis une incompétente qui se surestime ? Est-ce que je vise trop haut pour moi ? Est-ce que mes prétentions salariales sont trop élevées ? Est-ce que je suis vouée à rester au chômage toute ma vie ?

Alors le syndrome de l'imposteur a commencé à reprendre le dessus, et à s'en prendre à ma confiance en moi. Moi qui depuis une petite année commençait à gagner en estime de moi et à croire en mes capacités, j'ai été rattrapée par l'intime conviction de n'être bonne à rien. De n'être qu'une junior arrogante qui se croit meilleure qu'elle n'est. De n'être capable que d'apprendre sans jamais passer à l'action. De n'être qu'une éternelle curieuse qui n'aura jamais l'expertise de rien et n'aura donc jamais sa place dans le monde des actifs.


Curiosité mon amie

Mais comme je viens de le dire, je suis vraiment ce que l'on appelle une grande curieuse. J'adore apprendre et me coucher un peu moins bête chaque jour. J'adore découvrir de nouvelles choses et ajouter des cordes à mon arc. Et c'est là que tout s'est joué. Car au lieu de laisser ma curiosité insatiable au statut de vilain défaut, j'en ai fait mon moteur.

À ce moment-là, j'ai perçu le chômage comme une aubaine inestimable : je disposais désormais de tout le temps dont je pouvais rêver pour m'adonner à cet apprentissage et étancher ma soif de connaissance.


©QuestionsExistentielles


Alors j'ai passé beaucoup moins de temps sur les sites d'offres d'emploi pour me consacrer à investir sur ma personne. Moi qui flirtait de très loin avec l'espagnol depuis quelques mois, en me disant que "ce serait cool d'appendre une nouvelle langue", je m'y suis mise très sérieusement et de façon quotidienne. J'ai commencé à suivre des MOOC sur des sujets que je ne maîtrisais pas pour me sentir plus légitime dans mes candidatures. J'ai testé des nouveaux outils et logiciels. J'ai écouté encore plus de podcasts que d'habitude. J'ai regardé des reportages, des documentaires, des Ted Talks. Je me suis inscrite à une nouvelle salle de sport pour découvrir des disciplines que je voulais essayer depuis longtemps : aquabiking, pole dance, bodybalance, boxe, et j'en passe. J'ai lu encore plus, j'ai commencé à combler mes lacunes cinématographiques en regardant tous ces grands classiques que je n'avais encore jamais vus. J'ai profité de tout ce temps pour faire tout ce que je voulais faire depuis beaucoup trop longtemps. Et les effets ont été immédiats : je me suis sentie grandir un peu plus chaque jour, mon moral est remonté en flèche, et mes journées interminables sont devenues des journées trop courtes où je n'arrive pas à faire tout ce que je souhaite.


"Make it happen"

Malgré tout, je ressentais encore une certaine contrariété à la fin de mes journées. Même si je passais mes journées à apprendre des choses passionnantes et à capitaliser sur ma personne, je continuais à me sentir inutile et assistée par la société. Et c'est en regardant une vidéo de la chaîne Lavendaire que j'ai mis le doigt sur ce qui me manquait. Dans l'une de ses vidéos de développement personnel, la Youtubeuse Aileen a dit quelque chose qui a profondément résonné en moi : "Don't wait for the opportunity to come if you can make it happen" (que l'on pourrait traduire grosso modo par "N'attendez pas l'opportunité si vous pouvez la créer"). Et là, le déclic.

Inutile d'attendre d'avoir un travail pour être actif. Le chômage est non seulement l'occasion rêvée de réfléchir à ses envies, mais aussi le moment idéal pour transformer ces dernières en projets et pour passer à l'action. Alors, à l'aube de la nouvelle année, je me suis posée pour réfléchir à ce que je voulais accomplir en 2020. À ce à quoi j'aspirais comme vie idéale. À ce pour quoi je voulais me battre, ce dans quoi je voulais déverser mon énergie. Et j'en ai tiré deux supports : mon vision board 2020 et ma bucket list 2020.


©QuestionsExistentielles

Mon vision board, c'est ce à quoi j'aspire et ce que je veux améliorer. J'ai à cœur de pousser plus loin mon engagement dans le zéro-déchet, de lire plus, de m'améliorer en pole dance car j'ai vraiment accroché à la discipline (sans mauvais jeu de mot), de voyager, et bien entendu de trouver un travail qui me fasse vibrer. Voilà ce vers quoi je veux tendre.

Et puis il y a ma bucket list. C'est une liste de toutes ces choses que je veux faire mais que je n'ai pas encore eu le courage de réaliser. La liste de tous ces objectifs que j'ai pour moi en 2020. Et une fois que cette liste a été écrite, j'ai compris qu'il ne dépendait plus que de moi d'en cocher les cases. Alors j'ai commencé à être beaucoup plus proactive, parce que je voulais réaliser ces rêves. Je suis véritablement passée à l'action parce que c'était à moi de créer l'opportunité.

Alors j'ai sollicité ma mairie et tout mon réseau pour organiser une cleanwalk. Je me suis inscrite comme bénévole à la maison des associations de ma ville. Je me suis noté les dates d'examen pour le DELE (diplôme d'espagnol) dans mon agenda. J'ai repris contact avec des amis perdus de vue. J'ai compris que je voulais vivre des choses, et que c'était à moi de me sortir les doigts pour rendre ces choses possibles parce que personne d'autre ne le ferait à ma place.


Je ne subis plus le chômage

Mon état d'esprit a beaucoup évolué ces deux derniers mois. Bien entendu que j'espère me sortir du chômage rapidement, et bien sûr je continue de postuler régulièrement. Mais je ne subis plus le chômage. Je le remercie pour tout le temps qu'il m'offre et ce que cela me permet d'accomplir.

Surtout, ce temps qui m'est offert me permet de réfléchir. De prendre du recul sur de nombreux sujets. Et je peux affirmer que c'est dans ma situation de chômage actuelle que je suis plus reconnaissante que je n'aie été de toute ma vie. Je me rends compte de la chance que j'ai de pouvoir seulement écrire ces lignes, et j'y consacrerai un prochain article car il y a beaucoup à dire.

Croyez en vos rêves, et à vous de leur donner vie.

Avec toute ma reconnaissance,

Maud

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